Issu de l’ancien Cercle des amis de Gaoual (CERAG-UFDG), un nouveau mouvement voit le jour au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée. Baptisé Mouvement des réformateurs de l’UFDG, ce regroupement se veut porteur d’un vent de renouveau pour le parti dirigé par Cellou Dalein Diallo.
C’est une page qui semble se tourner, ou du moins s’ouvrir, au sein de l’UFDG. Ce vendredi,30 Mai 2025, un groupe de militants issus du Cercle des amis de Gaoual (CERAG-UFDG) a annoncé la création d’un nouveau courant interne, baptisé Mouvement des réformateurs de l’UFDG. Porté par des figures militantes qui affirment avoir été « frustrées à divers niveaux » par la gestion actuelle du parti, ce mouvement ambitionne de réorienter l’UFDG afin de lui redonner, selon ses promoteurs, sa vocation première : être un outil de conquête et d’exercice du pouvoir démocratique au service de tous les Guinéens.
Prenant la parole au nom du groupe, Alpha Diallo, membre fondateur du mouvement, a précisé que cette initiative n’a pas vocation à diviser, mais plutôt à reconstruire.
« Nous, militants engagés et conscients de la nécessité de préserver l’essence démocratique de l’UFDG, décidons de fédérer nos énergies et de multiplier nos réflexions en créant le Mouvement des réformateurs de l’UFDG. Il s’agit pour nous de répondre aux attentes de nos bases et de poser les bases d’une réforme profonde du parti, à la hauteur des enjeux actuels », a-t-il déclaré.
Parmi les priorités évoquées : la démocratie interne, la transparence dans la gestion, et l’inclusivité des décisions stratégiques. Pour les membres du mouvement, il est temps que l’UFDG se réinvente pour pouvoir répondre efficacement aux mutations sociopolitiques que traverse la Guinée, particulièrement en cette période de transition.
Si le mouvement n’attaque pas frontalement la direction de l’UFDG, ses propos laissent peu de doute quant à une certaine forme de défiance vis-à-vis du leadership de Cellou Dalein Diallo, président du parti depuis près de deux décennies. Les réformateurs affirment ne pas vouloir créer une scission, mais les mots employés – « manque cruel de démocratie interne », « frustrations », « gestion peu inclusive » – résonnent comme une critique claire de la gouvernance actuelle.
Il reste à savoir comment la direction nationale accueillera cette initiative. Va-t-elle l’ignorer, tenter de l’intégrer, ou y voir une fronde en devenir ?
Le lancement de ce mouvement intervient dans un contexte où plusieurs partis guinéens sont en restructuration, sur fond de réflexions autour du retour à l’ordre constitutionnel. Dans ce climat politique mouvant, les réformateurs de l’UFDG entendent peser dans les débats internes, en promouvant une ligne « plus en phase avec les aspirations des militants de base ».
Pour l’heure, aucun calendrier d’activités ni plan d’action détaillé n’a été communiqué, mais les initiateurs promettent une série de consultations internes dans les jours à venir.
Une affaire à suivre de près, alors que l’UFDG reste l’un des acteurs incontournables de l’échiquier politique guinéen.
Barry Diop pour la 1ère Africa

