Conakry, 19 mai 2025 – La tension est montée d’un cran ce lundi au tribunal de Mafanco, dans la commune de Matam, où s’est tenue une importante rencontre entre les victimes d’arnaque liées au Hadj 2025, leurs avocats et le procureur. L’objectif : trouver une piste d’entente sur une affaire devenue un véritable scandale national.
Selon des sources proches du dossier, la Ligue Islamique Guinéenne serait désormais impliquée dans la gestion de la crise. Des délégations venues du Ghana et de la Mecque auraient transmis des documents proposant aux victimes des visas de tourisme, leur permettant ainsi de ne pas manquer le pèlerinage.
Un soulagement ou un piège déguisé ?
Cette proposition, bien qu’elle semble offrir une issue rapide, suscite de nombreuses interrogations. Les victimes s’interrogent sur la fiabilité de ces visas touristiques pour accéder aux lieux saints de l’islam. L’Arabie saoudite autorise-t-elle l’accomplissement du Hadj avec un visa touristique ?
Certains y voient une manœuvre pour faire taire les victimes et éviter des poursuites judiciaires plus lourdes contre les responsables de l’agence Diaby & Barry, accusée d’avoir escroqué des centaines de candidats au pèlerinage en leur promettant des places garanties pour le Hadj.
Le rôle du procureur déterminant
Il reste désormais au procureur d’examiner la légalité et la faisabilité de cette solution. La question cruciale est de savoir si ces visas, obtenus en dehors du circuit officiel du Hadj, seront validés sans mettre en danger les pèlerins.
En attendant, les victimes, majoritairement âgées, espèrent encore pouvoir réaliser leur rêve sacré, tout en exigeant justice et réparation des préjudices subis.
L’affaire continue de faire la une des journaux et pourrait bien révéler, dans les jours à venir, de nouveaux rebondissements.
Ibrahima Diallo , pour La 1ère Africa

