LE DONKIN
Plus qu’une habitude, le Donkin devient de plus en plus une tradition qui s’ancre dans les coutumes sociales des Guinéens.
Le retour à l’intérieur du pays s’impose au fil des années aux travailleurs et familles qui rentrent célébrer la fête de Tabaski auprès des parents et amis.
Ce mouvement social et populaire, il est important de le rappeler, est déjà un concept national dans d’autres continents. L’Europe, à travers les déplacements saisonniers de l’été et de l’hiver, inscrit à son agenda l’incontournable fête de Noël et celle de Pâques. C’est la période des grandes vacances.
Aux États-Unis, ils célèbrent le Thanksgiving. C’est l’opportunité d’importantes transactions commerciales. En Chine, les travailleurs, surtout d’origine rurale, reprennent la route pour la campagne. C’est la célébration du Nouvel An chinois, qui revêt de nos jours une influence internationale en raison de la place stratégique des manufactures chinoises dans le monde.

L’Afrique n’est pas en reste. Les Sénégalais aussi font de la fête des moutons un engouement national durant lequel tous les moyens de transport sont sollicités pour rallier les citadins à leurs centres d’origine.
En Guinée, jusqu’ici, c’est la ville de Kankan qui remporte la palme d’or de mobilisation avec le célèbre Mamaya, qui rappelle tous les fils et filles au bord du Milo.
Mais de nos jours, les autres régions suivent le rythme. C’est le cas du Fouta, surtout dans les zones rurales où l’esprit de la communauté règne encore. Beaucoup d’associations, de groupements de jeunes s’organisent pour réaliser des activités culturelles, sportives et touristiques.
En ce mois de juin, le paysage foutanien, avec une pluie fine, l’horizon reverdissant, les portions de labour, les rivières renaissantes, le Donkin offre aux citadins un cadre de ressourcement infini.
C’est le lieu de mettre un accent singulier sur la fonction première musulmane de la célébration, qui doit garder sa caractéristique fonctionnelle, notamment : la prière, le sacrifice, le partage, la solidarité et la communion.
Tout de même, il faut souligner une réglementation sociale rigide qui ne permet pas aux travailleurs contractuels et fonctionnaires d’avoir à disposition un temps suffisant afin d’assurer un aller-retour paisible. Autrement dit, il faut prévoir des congés à l’image des pratiques d’autres pays.
Moussa Adama Diallo journaliste

