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À l’approche de la fête de Ramadan, censée être un moment de joie, de partage et de solidarité, les habitants de Kindia vivent une réalité bien différente. Dans la cité des agrumes, la célébration est assombrie par une crise de liquidité qui complique considérablement le quotidien des citoyens.

Dans les marchés, l’ambiance habituelle des veilles de fête peine à s’installer. Commerçants et clients affichent des visages préoccupés. Le manque d’argent en circulation limite les achats, pourtant essentiels pour marquer dignement cette fête religieuse majeure. « Nous avons des marchandises, mais les clients n’ont pas de liquidité », confie Barry Mamadou rencontré au marché central.

Du côté des populations, le constat est tout aussi amer. Plusieurs citoyens affirment éprouver d’énormes difficultés à retirer leur propre argent dans les banques et institutions de microfinance. Une situation qui freine les dépenses et crée un climat d’incertitude. « Même pour acheter le strict minimum pour la fête, c’est compliqué car j'ai fait presque le tour du marché dans les points de vente pour faire un retrait mais impossible et le gros de problème on a notre argent dans les comptes si on dit aux revendeurs de leur faire un dépôt ils refusent catégoriquement », déplore Amadou Telly Diallo père de famille.

Cette crise de liquidité intervient à un moment particulièrement sensible, où les besoins des ménages augmentent : habillement, alimentation, dons et préparatifs festifs. Pour beaucoup, la fête risque de se dérouler dans la sobriété, voire dans la frustration.

Face à cette situation, certains acteurs appellent à une intervention rapide des autorités afin de faciliter l’accès aux liquidités et soulager les populations. Car au-delà des difficultés économiques, c’est aussi l’esprit même du Ramadan basé sur le partage et la générosité qui se trouve fragilisé.

À Kindia, la fête approche, mais le cœur n’y est pas totalement. Entre espoir et inquiétude, les citoyens tentent tant bien que mal de maintenir la tradition, malgré une crise qui transforme cette période de réjouissance en véritable casse-tête.

 

Antoine Nema Loua pourla1èreafrica.com

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